Les jardins thérapeutiques sont de plus en plus utilisées au sein de différentes institutions, ils fleurissent de plus en plus pour le bonheur des usagers. La thérapie par le jardin porte plusieurs noms, dont la thérapie horticole venue de l’anglais Horticultural therapy. « La thérapie horticole est la pratique d’intéresser un client dans des activités d’horticulture, avec la médiation d’un thérapeute formé pour atteindre des objectifs de traitement spécifiques et documentés ». 

Selon L’American Horticultural Therapy Association (AHTA), la finalité est de promouvoir la pratique du jardinage dans une thérapie visant le bien être du patient. Les buts et valeurs d’un jardin thérapeutique génèrent une qualité de vie en relation avec la connexion au monde naturel, les individus répondent positivement aux plantes vertes et aux couleurs des fleurs.

De nombreux bienfaits – l’éclairage des neurosciences:

Aujourd’hui les progrès en neurosciences fournissent un éclairage nouveau sur les bienfaits des jardins en thérapie, ils permettent de mieux comprendre les processus qui s’établissent et qui interagissent dans de telles situationsL’une des premières études à laquelle on peut s’intéresser est celle d’Ulrich en 1984 qui montrait l’influence positive d’une vue de la nature par la fenêtre sur la récupération de patients hospitalisés. Depuis de nombreuses autres ont suivi avec différentes théories et hypothèses sur le sujet.

  • La phyto-résonance (Shepard) est le message physique adressée par les plantes à l’être humain. Quand le paysage m’apaise, il se passe des choses physiques en nous. En prenant soin du jardin, nous prenons soin de nous-même.
  • La biophilie de Wilson: explique que l’être humain est attiré par la vie et le vivant, que ces mécanismes sont inscrits dans nos gênes et nous apportent des émotions positives.
  • Les Kaplan: ils décrivent une action efficace et plus rapide de récupération en terme de fatigue mentale et d’irritabilité.

J’ai mis en bas de page quelques unes des dernières études sur le sujet.

Les bienfaits constatés sont multiples et peuvent participer au rétablissement de patients hospitalisés souffrant de pathologies sévères :

  • Régulation du stress pour les patients mais aussi pour les familles et les soignants.
  • Relation homme-plante = processus ancré, inscrit dans nos gênes comme un dispositif indispensable au maintien de notre vitalité et va agir jusque dans les mécanismes du système immunitaire.
  • Amélioration de l’humeur.
  • L’expérience vécue au sein du jardin constitue notre appartenance au monde vivant de part la multisensorialité de celle-ci. Elle va nous mettre en lien avec nos émotions, nos sensations et notre vécu en favorisant ainsi l’élaboration de l’identité.
  • La phyto résonance est le message physique adressée par les plantes à l’être humain. Cette co-relation déclenche des stratégies d’adaptation et de résolution de problèmes en faveur des processus de restauration.
  • Mobilisation des fonctions cognitives et mnésiques.
  • Renforcement de l’autonomie des personnes, favoriser la reprise d’une possibilité d’agir.
  • Favoriser la déstigmatisation des personnes malades.
  • Réduction de la perception des symptômes de la maladie.
  • Améliorer la relation soignant-soigné

    De nombreux avantages:

    Ces jardins ont l’avantage de pouvoir être adaptables selon l’établissement et la population. Ils vont permettre la réalisation de différents types d’activités en lien avec le jardin ou la nature. On peut par exemple réaliser :

    • Toutes les activités en lien avec le jardinage : planter, arroser, désherber, cueillir, élaguer…
    • Des marches ou promenade dans un cadre agréable et qui permet aux personnes de se centrer sur le moment présent.
    • Aménager un lieu de repos et de détente au sein du jardin où les personnes peuvent se détendre, rencontrer leurs proches ou simplement dormir un moment.
    • Des activités de motricité : possibilité d’ajouter des éléments de parcours d’exercice physique qui vont s’intégrer au paysage. On retrouvera fréquemment des exercices de marche (différents sols, escalier, rampe), des exercices pour travailler l’amplitude des articulations (épaules, jambes), des exercices d’équilibre ou encore d’endurance (vélo assis, vélo elliptique).
    • On peut réaliser le travail des bonnes postures à adopter durant les activités de jardinage et donc travailler la prévention des troubles musculoarticulaires.
    • Le jardin peut offrir la possibilité de déambuler à l’air libre dans un espace sécurisé. Ce contact avec les éléments naturels permettra d’éveiller les cinq sens, d’évacuer le trop plein d’énergie, de renforcer la motivation et l’initiative, de maintenir ou d’améliorer la mobilité.
    • Il peut aussi permettre la découverte de nouveaux centres d’intérêt et de stimuler les habiletés sociales dans un cadre sécurisant. Les jardins thérapeutiques sont propices à la convivialité, aux rencontres entre les patients des diverses unités ainsi qu’aux rencontres avec la famille ou les proches.

    Différentes zones peuvent ainsi être intégrées au sein des jardins:

    • Jardin potager: Le jardin peut être adapté en imaginant par exemple des bacs à hauteur différentes pour les plantations, permettant une accessibilité à tous les patients. Les allées peuvent être adaptées pour faciliter l’accès (sol aplani, barre d’appui, possibilité de s’asseoir) et prévoir un accès aux fauteuils roulants.
    • Parcours de motricité: Il est possible de créer des éléments tout au long du jardin pour travailler la motricité des personnes (membre sup et inf). On peut aussi intégrer des parcours avec différents sols, permettant d’adapter la marche et l’équilibre (sol lisse, escalier, obstacles, copeaux).
    • Espace de détente: Permettant la détente, et l’augmentation de la participation sociale, avec des bancs et des tables communes.  On pourra notamment trouver une fontaine, des grands arbres, des animaux…
    • Espace de stimulation cognitive: Cet espace pourra être l’occasion de stimuler la mémoire, le vécu, les émotions, l’expérience que l’on a vis à vis des plantes et des fleurs.  Il est ainsi possible de travailler les 5 sens: l’odorat (plantes aromatiques, fleurs), le toucher (lisse, doux, rugueux), le gout (sucré, salé), la vue (différentes couleurs) etc…

    Vers le rétablissement:

    L’utilisation de jardin thérapeutique dans un processus de soin et notamment en ergothérapie s’inscrit tout à fait dans une perspective de rétablissement pour les personnes. L’utilisation d’un tel outil en thérapie peut aider à se rétablir, à vivre de nouveau en reprenant le contrôle de ses symptômes et retrouver un pouvoir d’agir qui était perdu.

    Les potentiels d’une telle activité sont riches et multiples pour les ergothérapeutes. Comme cité précédemment les activités et les bienfaits sont eux-aussi nombreux. Le printemps est la saison idéale pour commencer à travailler autour de cette activité, alors c’est parti! 😉