La notion de rétablissement indique le retour à un état d’équilibre. Dans le concept du rétablissement, équilibre ne veut pas forcément dire guérison car il y a des maladies dont on ne guérit pas. C’est le cas notamment pour certaines maladies psychiatriques. On peut alors avoir l’impression que l’on est condamné à vie dans cette maladie.

Le concept de rétablissement peut se décrire en plusieurs étapes clés: trouver l’espoir, redéfinir l’identité, trouver un sens à la vie et prendre la responsabilité du rétablissement.

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1- L’espoir

Face à la maladie, on peut facilement perdre espoir. Si l’on suscite à nouveau l’espoir qu’une vie intéressante et satisfaisante est possible malgré la maladie (pertes, douleurs…). Ce dernier permet alors de chercher et de trouver un sens et un but. Il est décrit comme un véritable catalyseur du rétablissement.

2- Redéfinir l’identité

Maladie mentale et perte d’identité vont souvent de pairs. Toutefois la maladie peut être vécue et acceptée comme faisant partie de soi. La personne fait alors l’inventaire de ses ressources, de ses forces et faiblesses et de ses valeurs.

3- Trouver un sens à la vie

La personne doit alors pouvoir prendre conscience de ses capacités et réévaluer ses valeurs et ses buts par rapport à sa condition actuelle. Cette prise de conscience peut venir de la personne elle-même, d’un soignant ou être déclenchée par une autre personne significative. La personne travaille alors à partir de cette nouvelle identité, elle établit et avance vers ses propres objectifs de vie en mobilisant ses ressources. Cette partie là du rétablissement peut être difficile car des échecs peuvent exister durant cette reconstruction.

4- Prendre la responsabilité du rétablissement

Elle ne doit pas être en attente de quelque chose qui viendrait de l’extérieur pour résoudre son problème. C’est elle qui prend une part active de son rétablissement et qui participe au changement. Cela implique la gestion de sa propre santé et de son traitement et l’autonomie dans ses choix de vie.

La personne est au centre de ses décisions, elle construit elle-même son projet de vie. Les différents intervenants représentent bien sûr une aide, un accompagnement à la réalisation des différentes étapes qui permettent la réalisation progressive de ce projet mais, pour son rétablissement, la personne doit trouver ses propres outils afin de franchir les périodes difficiles de son quotidien. Lorsque le rétablissement est réussi, la personne se sent transformée positivement par l’expérience de la maladie, comme si cette dernière lui avait appris quelque chose sur elle-même. Elle retrouve un nouvel équilibre de vie.

Une étude québécoise a analysé les facteurs facilitants et les obstacles au rétablissement. Cette dernière permet de donner quelques pistes à ceux qui veulent intégrer ce modèle dans leur pratique quotidienne.

Les facteurs facilitants:

Des facteurs internes: s’impliquer dans son rétablissement, avoir des rêves et des projets

Des facteurs externes: avoir un entourage qui croie en moi, pouvoir bénéficier d’une entraide entre pairs, pouvoir participer à des groupes communautaires

Les obstacles (et solutions possibles)

Effets secondaires des médicaments (pouvoir d’agir sur les soins)

Contrôle des intervenants (formation des intervenants)

Préjugés (déstigmatisation)

Isolement (pairs aidants, soutien aux associations)

Des liens pour aller plus loin:

Le processus de rétablissement

Empowerment et rétablissement en santé mentale