En psychiatrie et psychologie, il existe différents cadres de référence. Ceux-ci se distinguent les uns des autres par leur théories, leurs façons de concevoir les troubles psychologiques, les techniques qu’elles privilégient ainsi que par leurs façons de considérer la relation.

L’approche psychodynamique/analytique

Cette approche est essentiellement influencée par la psychanalyse dont le père est Sigmund Freud. Les thérapeutes qui appartiennent à cette école voient le problème apporté par le patient comme l’expression de conflits inconscients engendrés par des expériences passées. En prenant conscience de ces conflits, le patient pourra mieux comprendre les raisons qui le font agir, ressentir des émotions ou penser.

L’approche existentielle/humaniste

Cette approche est centrée sur la personne et sur le présent. Elle mise sur la capacité de la personne à comprendre ses difficultés, à trouver ses propres solutions et à apporter les changements adaptés. Les thérapeutes qui adoptent cette approche se basent sur la relation thérapeutique comme principal outil de changement. En étant en lien avec un psychologue qui fait preuve d’authenticité, de compréhension et d’acceptation, le patient vivra une expérience nouvelle dans laquelle il pourra se permettre de redécouvrir qui il est, de se montrer sous son vrai jour et ainsi poursuivre son développement qui était jusqu’alors interrompu. La psychothérapie non-directive de Carl Rogers et la gestalt-thérapie de Fritz Perls sont des exemples de cette approche.

L’approche cognitive/comportementale

Les psychothérapies cognitivo-comportementales sont basées sur l’observation du lien entre les pensées, les émotions et des comportements. Cette approche repose sur le principe que si un comportement inadapté peut être appris, il peut aussi être désappris. Il est considéré qu’il y a eu trois « vagues » de ces thérapies. La première était surtout centrée sur l’aspect comportemental (acquisition de nouvelles habiletés, habitudes, identification et modification des facteurs qui influencent le comportement…). La deuxième était davantage centrée sur l’aspect cognitif. L’accent était mis sur la prise de conscience des liens entre pensées et émotions avec l’objectif de modifier les pensées dysfonctionnelles afin d’améliorer l’adaptation ou la gestion des émotions. La troisième vague intègre elle des apports de l’approche dite de la pleine conscience (mindfulness). Des thérapies connues de cette troisième vague sont la thérapie d’acceptation et d’engagement et la thérapie de réduction du stress.

L’approche systémique/interactionnelle

La pensée systémique porte sur l‘interaction entre l’individu et son environnement. Ce n’est pas la personne « malade » qui dysfonctionne, mais l’interaction entre les éléments du système auquel elle appartient. Les thérapeutes de cette école aideront donc le patient à développer de nouveaux modes d’interaction dans ses relations avec les autres en recherchant des solutions qui concilient au mieux les attentes de chacun. Un problème commun à la famille ou à un groupe est défini et des solutions conciliant au mieux les attentes de chacun sont recherchées.

Les ergothérapeutes dans leur pratique en psychiatrie pourront utiliser ces différentes approches au cours de leurs prises en charge. Bien des thérapeutes ne se réfèrent pas qu’à un seul modèle, ils pourront employer telles ou telles techniques ou idées en fonction de la problématique de la personne. Je n’ai pas non plus parlé du modèle de l’occupation humaine (MOH), très utilisé en ergothérapie, pour lequel je consacrerais un article prochainement.